
Un petit retour sur notre AG 2022, lors de laquelle Julien BALAJAS, technicien de France Olive, nous a fait un exposé très riche en informations et très vivant sur les moyens phytosanitaires à utiliser dans nos vergers. En voici les grandes lignes :
Tout d'abord, Julien fait le point sur les produits phytosanitaires qui ne sont plus autorisés (phosmet interdit, diméthoate maintenant aussi interdit en Espagne…). L’agriculture conventionnelle voit se rétrécir la liste des produits autorisés et en ressort fragilisée par manque d'alternatives. Cela demande forcément une remise en cause sérieuse de nos moyens pour garder de bons résultats de production. Il nous fait part de ses inquiétudes à ce sujet.
Julien explique, qu’en dehors des dégâts de la mouche, (la dernière récolte 2021 ayant été sous une faible pression), il est observé dans les oliveraies un problème majeur qui devient de plus en plus récurrent : la défoliation (perte des feuilles) qui a un impact significatif sur la productivité.
La défoliation est devenue un sujet prioritaire de recherche de France Olive. Elle est principalement due à des maladies fongiques : l’œil de paon et la cercosporiose. De fait, l’utilisation des produits à base de cuivre est abordée : Il rappelle que la lutte par le biais de produits à base de cuivre est préventive et qu’il ne faut pas dépasser la dose de 4kg/ha/an et rappelle qu’avec 2 ou 3 traitements à pleine dose, on y arrive très vite. Il n’y a pas d’alternative au cuivre en agriculture biologique. En règle générale, il est pratiqué 2 traitements, après la récolte et la taille, qui ne sont pas tout à fait suffisants, d’après lui, pour venir à bout de ces maladies. Julien nous parle du CURATIO, fongicide agréé en bio et en conventionnel, qui est une alternative au cuivre, mais non homologué en olivier. France Olive a obtenu une dérogation encore cette année pour l’utiliser à la dose de 24 litres/ha 3 applications max/an. L’utilisation en est délicate du fait de son pH très basique (= 11).
Il aborde ensuite les divers traitements contre la mouche et, vue la diminution des produits autorisés, conseille d’alterner les traitements aux insecticides conventionnels autorisés avec l’utilisation de l’argile (kaolin) pour élargir le champ d’action et garder une efficacité tout en respectant les doses autorisées. Il explique le fonctionnement du kaolin ou argile blanche : l’effet blanchiment est répulsif, mais a aussi une action sur l’odeur de l’olive (ce qui diminue l’attractivité pour la mouche) de plus, la pellicule d’argile sur l’olive provoque une gêne pour la ponte. Il conseille d’utiliser un adjuvant.
Le SYNEIS appât est cité. Son application est délicate.
Plusieurs questions ont été posées et le débat a été bien animé ; l’assemblée semble très satisfaite de l’intervention de Julien.